Définition

Sidérodromophilie

Terme
Sidérodromophilie
Rubrique
Lexique
Mise à jour
19 octobre 2026

La sidérodromophilie désigne une attirance érotique pour les trains, les voyages en train ou les rails. Le mot vient du grec sidêros, « fer », et dromos, « course » ou « voie », d’où l’idée de chemin de fer, et du suffixe -philie. L’attirance peut porter sur la machine, sur le mouvement du wagon ou sur le cadre du voyage.

Le terme est rare. Il désigne parfois, de façon plus large, une simple passion pour les trains, sans dimension sexuelle.

Le train, un vieux motif du désir

L’association entre le train et le désir n’est pas neuve. Freud l’évoquait déjà dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité, à propos des excitations d’ordre mécanique. Il y décrit l’effet que produisent sur les enfants les secousses rythmiques d’un voyage en chemin de fer, au point, écrit-il, que les garçons rêvent de devenir mécaniciens. Peu avant la puberté, ajoute-t-il, le train devient le support d’une symbolique sexuelle précise.

L’explication freudienne a vieilli. Elle montre au moins que le lien entre le mouvement du train et la sensualité intrigue depuis longtemps. Le cinéma l’a d’ailleurs repris, avec ses scènes de baisers dans un compartiment ou de train qui entre dans un tunnel.

Le rythme, le décor ou la machine

Les amateurs ne cherchent pas tous la même chose. Pour certains, c’est le rythme du train, la vibration et le bruit régulier des roues. Pour d’autres, c’est le décor, le compartiment fermé, l’impression d’être ailleurs et entre parenthèses. D’autres encore s’intéressent aux machines elles-mêmes, locomotives à vapeur ou motrices, ce qui rapproche ce goût de la mécanophilie, l’attirance pour les machines.

Le fantasme et la réalité

Le train fait rêver parce qu’il met entre parenthèses. Pendant quelques heures, on n’est plus chez soi ni encore arrivé. Le paysage défile, le temps semble suspendu, et des inconnus partagent le même espace. Cette situation entre deux mondes nourrit beaucoup de fantasmes, de la rencontre fortuite à la nuit en couchette.

La réalité est moins romanesque. Les wagons sont éclairés, les contrôleurs passent, les voyageurs dorment ou travaillent. Le fantasme du train se vit donc surtout dans l’imaginaire, dans les récits ou dans un jeu de rôle à la maison, avec le bruit des roues en fond sonore.

Le train de nuit garde une place à part. Une cabine fermée, réservée pour deux, offre un peu de cette intimité que le fantasme promet. C’est souvent la seule façon de rapprocher le rêve et la réalité sans gêner personne.

Ce que dit la loi

Un train public reste un lieu accessible au regard des autres voyageurs. L’article 222-32 du Code pénal punit l’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Le texte précise que l’infraction existe même sans nudité, dès qu’un acte sexuel explicite, réel ou simulé, est imposé à la vue d’autrui.

Autrement dit, la discrétion ne suffit pas toujours. Ce qui compte, c’est que d’autres puissent voir sans l’avoir choisi.

Les voies ne sont pas un décor

Certains amateurs sont attirés par les rails eux-mêmes, les gares la nuit ou les dépôts. Photographier des trains depuis un quai ou un lieu autorisé ne pose aucun problème. Marcher sur les voies, s’y allonger ou entrer dans une emprise ferroviaire, par contre, est très dangereux. Un train arrive vite, on l’entend tard, et il ne peut pas s’arrêter à temps.

Le fantasme doit rester loin des rails. Ce point n’a rien de négociable.

En parler à son ou sa partenaire

La sidérodromophilie a un avantage : elle se partage facilement sous une forme légère. Un voyage en train de nuit, un week-end loin de chez soi ou un film qui joue sur ce décor peuvent suffire à ouvrir la discussion. Dites ce qui vous attire, le rythme, l’ailleurs ou la machine, et voyez ce que l’autre en pense, sans insister.

Où se situe ce terme

La sidérodromophilie figure dans la rubrique des paraphilies de A à Z, parmi les attirances liées à un lieu ou à un objet. Elle y voisine avec d’autres goûts pour les machines, comme la mécanophilie citée plus haut.

Assumer un goût original

Ce goût prête parfois à sourire. Il ne fait de mal à personne tant qu’il reste dans un cadre privé, respecte les autres voyageurs et se tient à distance des voies. Si le regard des autres vous pèse, le site propose quelques pistes pour réagir aux jugements des autres. À titre personnel, je trouve que peu de fétiches ont une histoire culturelle aussi riche que celui-ci.

Sources

Voir aussi

Toute la rubrique Définitions et paraphilies · Index A–Z complet

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