Ce lexique rassemble les termes qui décrivent les attirances sexuelles, les matières, les objets et les pratiques abordés sur fetichiste.net. Les fiches donnent une définition du terme et, pour les fiches mises à jour, la situent par rapport au consentement et à la loi.
Les mots comptent. Un même terme peut désigner une curiosité passagère, un goût assumé entre adultes ou un comportement qui fait des victimes, et ces situations n’ont rien de comparable.
Fétichisme et paraphilie, deux mots à distinguer
Le fétichisme désigne une attirance sexuelle qui se fixe sur un objet, une matière ou une partie du corps, comme le cuir, des chaussures ou les pieds. Le mot paraphilie est plus large. Il regroupe les centres d’intérêt sexuels qui s’écartent de ce que l’on considère comme habituel dans une société donnée, et il décrit un goût et ne vaut pas diagnostic.
Le lexique reprend aussi des mots du langage courant. Kink désigne de façon large un goût sexuel qui sort des habitudes, et vanille sert, par contraste, à parler d’une sexualité sans pratique particulière.
Quand l’attirance porte sur un objet inanimé, le fétichisme des objets a sa propre rubrique, avec par exemple les lunettes ou les poupées. Les pieds ont la leur, pensée pour les fétichistes des pieds.
La position de l’OMS
La classification internationale des maladies de l’OMS, la CIM-11, trace une limite nette. Elle parle de trouble paraphilique lorsqu’une excitation sexuelle intense et persistante vise des personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas consentir. Les exemples cités incluent des enfants avant la puberté, une personne observée à son insu par une fenêtre, ou un animal. Pour retenir ce diagnostic, il faut aussi que la personne soit passée à l’acte ou en souffre nettement.
Un trouble peut aussi être reconnu quand une attirance cause une détresse marquée ou expose à un risque sérieux de blessure ou de mort. Cela vaut même si elle est vécue seul ou avec un partenaire consentant. La CIM-11 cite par exemple la restriction de la respiration pendant l’acte sexuel. Elle cite aussi des jeux sadiques consentis qui laissent des blessures nécessitant des soins.
À l’inverse, une attirance atypique vécue entre adultes consentants, sans détresse ni danger sérieux, n’est pas un trouble. S’écarter des normes sociales ou culturelles ne suffit pas à justifier un diagnostic. Une détresse qui vient seulement du rejet, réel ou redouté, de cette attirance ne suffit pas non plus.
Préférence ou trouble ?
On peut résumer les critères de la CIM-11 en trois questions. L’attirance vise-t-elle une personne qui, par son âge ou sa situation, ne peut pas ou ne veut pas consentir ? Vous cause-t-elle une détresse marquée, qui ne vient pas uniquement du regard des autres ? Expose-t-elle quelqu’un, vous ou un partenaire, à un risque sérieux de blessure ou de mort ?
Si la réponse est non aux trois, la classification ne parle pas de trouble. Si l’une est oui, un avis professionnel aide à faire le point.
Le consentement, fil rouge du lexique
Plusieurs termes décrivent des jeux de pouvoir, de domination ou de soumission entre adultes. La CIM-11 exclut expressément le sadisme et le masochisme consentis du trouble de sadisme sexuel coercitif, qui suppose une victime non consentante. Leurs règles sont détaillées avec les pratiques fétichistes du BDSM.
Le consentement se donne avant chaque geste et peut se retirer à tout moment, sans avoir à se justifier. Le silence n’en est pas un. Une personne endormie ou qui a bu ne peut pas consentir, quelle que soit la pratique. Santé publique France le rappelle sur son site Onsexprime.
Comment lire une fiche
Les fiches sont classées par ordre alphabétique dans l’index placé en haut de cette page, de A à Z. Chacune définit le terme. Pour les fiches mises à jour, elle situe aussi l’attirance par rapport au consentement et à la loi, et renvoie quand c’est utile vers des pages plus détaillées.
Certaines fiches décrivent des goûts que des adultes vivent librement. D’autres décrivent des actes interdits par la loi, et le lexique le dit sans détour.
Expliquer un mot ne revient jamais à excuser un acte.
Pour voir ces notions incarnées, vous pouvez lire des récits fétichistes qui illustrent plusieurs termes de ce lexique.
Des mots pour en parler
Mettre un nom sur une attirance aide souvent à la comprendre, puis à en parler avec un partenaire sans honte ni pression. Entre adultes, ce vocabulaire sert aussi à la préparation d’une rencontre fétichiste, au moment de dire clairement ce que l’on aime et ce que l’on refuse.
Si une attirance vous fait souffrir, vous inquiète ou vous pousse vers des actes que vous ne voulez pas, demandez de l’aide. Un médecin, un psychologue ou un sexologue peut vous recevoir en toute confidentialité.