Le partialisme désigne une attirance sexuelle centrée sur une partie précise du corps, au point que cette partie compte davantage que la personne dans son ensemble. Les pieds en sont l’exemple le plus connu, mais le nez, les mains, les cheveux ou la nuque peuvent tenir ce rôle.
Le mot vient de l’anglais partialism, formé sur « partiel ». Il distingue l’attirance pour le corps de celle pour un objet.
Une partie du corps, un objet
La distinction compte. Le fétichisme au sens classique porte sur un objet inanimé, comme une chaussure ou un vêtement. Le partialisme porte sur le corps lui-même, ou plutôt sur l’un de ses fragments.
Freud faisait déjà ce partage en 1905. Dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité, il décrit un substitut de l’objet sexuel qui peut être une partie du corps, comme les cheveux ou le pied, ou bien un objet inanimé, comme un vêtement ou du linge. Il ajoute qu’un certain degré de fétichisme se retrouve régulièrement dans l’amour dit normal.
Ce dernier point reste juste. Presque tout le monde a une partie du corps qu’il regarde en premier chez l’autre.
Les formes les plus fréquentes
Le lexique du fétichisme donne un nom à beaucoup de ces attirances, que vous retrouverez dans le glossaire des fétiches répertoriés. Parmi les plus citées :
- la podophilie, pour les pieds
- l’attirance pour les mains, les doigts ou les ongles
- la trichophilie, pour les cheveux
- la nasophilie, pour le nez
Pour ce dernier cas, la fiche détaille ce que recouvre le terme nasophilie. Le site consacre aussi une rubrique entière au fétichisme des parties du corps, avec une page par zone.
Ce que dit la classification de l’OMS
La plupart des personnes partialistes vivent ce goût sans difficulté. Il s’intègre à leur vie sexuelle, parfois sans même qu’elles y pensent comme à un fétiche.
Pour l’OMS, dans la CIM-11, une attirance de ce genre ne devient un trouble qu’en cas de détresse marquée ou de risque sérieux de blessure. La gêne qui vient seulement de la peur d’être rejeté ne compte pas pour ce diagnostic, et une attirance inhabituelle ne suffit pas. Il y a là une nuance importante pour qui s’inquiète d’être « anormal ».
Le partenaire, une personne entière
Le risque, s’il existe, est relationnel. Un partenaire peut avoir l’impression d’être réduit à son pied ou à ses mains. Mieux vaut le dire franchement, expliquer ce que ce goût représente pour vous et lui laisser la place de refuser. Une attirance partagée se vit beaucoup mieux qu’une attirance subie.
Rappeler aussi ce qui plaît chez lui en dehors de ce détail ne coûte rien. C’est souvent ce qui rend la discussion possible.