La pédophilie désigne une attirance sexuelle persistante pour des enfants qui n’ont pas atteint la puberté. Le mot décrit une attirance. Il ne dit rien, à lui seul, d’un passage à l’acte, et toute la prévention repose sur cette distinction.
Une personne peut ressentir cette attirance sans jamais passer à l’acte. Et une autre peut commettre des violences sexuelles sur un enfant sans présenter de pédophilie au sens clinique. Pour les actes, les professionnels parlent de pédocriminalité. Ils sont toujours punis par la loi.
Attirance et passage à l’acte
Le terme figure dans le glossaire des paraphilies, mais il ne décrit pas une préférence comme une autre. Un enfant ne peut jamais consentir à un acte sexuel avec un adulte, et c’est ce qui place cette attirance à part.
Ressentir cette attirance n’est pas un délit. Mais la personne qui la ressent reste entièrement responsable de ce qu’elle fait, ce qu’elle regarde et ce qu’elle cherche en ligne.
Ce que dit la médecine
La CIM-11, la classification internationale des maladies de l’OMS, range toute attirance sexuelle persistante et intense envers des enfants prépubères dans le trouble pédophilique, sous le code 6D32. Le diagnostic est posé quand la personne a agi selon cette attirance ou quand elle en éprouve une détresse marquée.
Le mot infantophilie sert parfois à désigner une attirance tournée vers les nourrissons et les très jeunes enfants. Il ne figure pas comme catégorie à part dans les classifications médicales et relève de la même réalité que la pédophilie, avec les mêmes enjeux de protection.
Ce que prévoit la loi française
Le Code pénal qualifie de viol tout acte de pénétration sexuelle, tout acte bucco-génital ou bucco-anal commis par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans, dès que l’écart d’âge atteint cinq ans. Cette condition d’écart disparaît quand les faits sont commis contre une rémunération ou un avantage. Le texte ne demande pas de prouver une violence, une menace ou une contrainte.
Les images entrent aussi dans le champ pénal. Fixer, diffuser, consulter de façon habituelle ou détenir des images pédopornographiques est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende dans sa forme simple. Faire des propositions sexuelles en ligne à un mineur de moins de 15 ans est également un délit.
Une ligne d’écoute avant tout passage à l’acte
Si vous ressentez cette attirance et que vous voulez ne jamais faire de mal à un enfant, vous pouvez appeler le dispositif STOP au 0 806 23 10 63. L’appel est confidentiel et non surtaxé, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
Au bout du fil, des professionnels de santé des CRIAVS, les centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles, écoutent sans juger et orientent vers un suivi. Parler tôt protège les enfants. Et cela vous protège aussi d’un engrenage.
Si un enfant est en danger
Le 119, Allô Enfance en Danger, répond jour et nuit, gratuitement, et l’appel n’apparaît pas sur les factures. Il répond aussi aux adultes simplement inquiets pour un enfant, et ses écoutants sont des professionnels de l’enfance. Le moindre doute mérite un appel. En cas d’urgence immédiate, composez le 17 ou le 112.
Un contenu pédocriminel repéré sur internet se signale sur Pharos, la plateforme officielle de signalement des contenus illicites. Ne le téléchargez pas et ne le partagez pas, même pour le dénoncer.