L’oculolinctus désigne le fait de lécher l’œil d’une autre personne, parfois dans un contexte érotique. Le mot combine le latin oculus, « œil », et linctus, « action de lécher ». On le classe parfois parmi les fétichismes centrés sur le regard, mais il reste une curiosité plus qu’une pratique répandue.
Il doit surtout sa notoriété à une rumeur de 2013.
La « mode » japonaise qui n’a jamais existé
En 2013, plusieurs médias ont affirmé que des écoliers japonais se léchaient les yeux, au point de provoquer une épidémie de conjonctivites. L’histoire a fait le tour du monde, puis s’est effondrée. Le médiateur du Guardian a reconnu ensuite que cette mode était un canular. Le journaliste Mark Schreiber avait contacté trois organisations japonaises, dont deux associations d’ophtalmologie, et aucune n’en avait entendu parler.
Cette affaire explique pourquoi on trouve encore en ligne des chiffres et des anecdotes sur l’oculolinctus. Ils viennent pour la plupart de cette rumeur, et ils ne valent rien.
Ce que recouvre le mot
En dehors de la rumeur, l’oculolinctus apparaît dans quelques lexiques de fétichisme. Il y côtoie des termes plus documentés, que vous trouverez dans le répertoire des attirances paraphiliques. Le geste renvoie surtout à une idée d’intimité extrême, plus qu’à une sensation.
Il ne faut pas le confondre avec le goût pour le regard ou la beauté des yeux, beaucoup plus courant. Le fétichisme des yeux s’intéresse à leur couleur, à leur forme ou à l’intensité d’un regard, et n’implique aucun contact.
Un geste risqué pour l’œil
Sur le plan médical, le constat est simple. La langue et la bouche portent de nombreuses bactéries et virus, et l’œil y est très sensible. Lécher un œil expose à une conjonctivite.
Le site Sante.fr rappelle que les conjonctivites infectieuses sont très contagieuses et se transmettent par le contact entre l’œil et les mains. Il conseille de se laver les mains souvent et de consulter un médecin pour poser le diagnostic.
Trois réflexes à garder :
- un œil rouge, douloureux ou qui coule après un contact de ce type justifie un avis médical
- les porteurs de lentilles sont encore plus exposés
- aucune précaution ne rend ce geste vraiment sûr
Un mot qui intrigue plus qu’il ne se pratique
L’oculolinctus a sa place dans un lexique, parce que le mot circule et qu’on le cherche. Il illustre surtout la façon dont une rumeur peut fabriquer un phénomène. D’autres termes du vocabulaire fétichiste ont un sens bien plus établi. C’est le cas de la podophilie, l’attirance pour les pieds, beaucoup plus fréquente et sans danger pour la santé (voir la définition du terme podophilie).