Le fétichisme des bottes désigne une attirance érotique pour ce type de chaussure, portée par soi ou par un partenaire. Cuissardes, bottes de cavalière, rangers ou bottes en caoutchouc : chaque amateur a ses modèles. Ce qui attire peut être la forme, la matière, le bruit du talon ou l’allure de la personne qui les porte.
La botte a une particularité. Elle couvre une grande partie de la jambe.
Pourquoi la botte attire
La botte se situe entre le vêtement et la chaussure. Elle dessine la ligne de la jambe, elle se lace ou se zippe, elle demande du temps pour être enfilée. Pour beaucoup d’amateurs, ces gestes comptent autant que l’objet. D’autres s’attachent surtout à la matière, cuir ciré, vinyle brillant ou caoutchouc.
Cette attirance fait partie d’une famille plus large, les fétichismes liés aux vêtements, où la tenue elle-même devient le centre du désir. Elle croise souvent celle pour la matière, et l’attrait pour le cuir en est le voisin le plus proche.
Un imaginaire ancien
La botte a longtemps été la chaussure de ceux qui montent à cheval, du cavalier au soldat. Elle protège la jambe des frottements de la selle et de la boue. De là vient une image qui ne l’a jamais quittée : celle de l’autorité, de l’uniforme et de la discipline.
La littérature s’en est emparée très tôt. Chez Perrault, le Chat botté réclame une paire de bottes avant toute chose, et l’ogre du Petit Poucet chausse des bottes de sept lieues. Dans les deux contes, la botte donne un pouvoir à celui qui la porte.
Les années 1960 ont ajouté une autre image, plus féminine. Les cuissardes et les bottes hautes sont alors entrées dans la mode, portées avec des jupes courtes. Elles associaient la botte à une féminité sûre d’elle, et cet imaginaire se retrouve encore dans beaucoup de fantasmes.
Bottes et talons
Beaucoup de bottes fétiches ont un talon haut. Pour une partie des amateurs, la hauteur change tout, et ces talons ont alors leur propre pouvoir d’attraction, avec ou sans tige montante. D’autres préfèrent au contraire les bottes plates et lourdes, qui évoquent l’uniforme ou le travail.
Il n’existe pas de modèle unique. Et c’est ce qui rend les généralisations hasardeuses.
Comment cette attirance se vit
La plupart des personnes concernées vivent ce goût de façon discrète. Regarder une passante en cuissardes, garder une paire qu’on aime particulièrement, demander à un partenaire de porter un modèle précis.
Certains amateurs collectionnent. Ils connaissent les matières, les coutures, les marques, et entretiennent leurs paires avec un soin de cordonnier. Pour eux, la botte se regarde et se manipule autant qu’elle se porte.
D’autres l’intègrent à un jeu de rôle. Le cavalier, la militaire ou la dominatrice sont des scénarios classiques, où la personne qui porte les bottes tient le rôle dominant. Cirer les bottes de l’autre peut alors devenir un geste de soumission consenti. Dans tous les cas, la règle reste la même : rien ne se fait sans l’accord clair de l’autre.
Côté médecine, une préférence vécue entre adultes consentants n’est pas un trouble. La CIM-11 de l’OMS précise qu’un goût qui s’écarte des normes sociales ne suffit pas à poser un diagnostic.
Un mot d’hygiène
La botte enferme le pied pendant des heures, ce qui crée chaleur et humidité. La Société française de dermatologie rappelle, sur son site Dermato-Info, que la prévention du pied d’athlète passe par un séchage soigneux des pieds, des chaussettes respirantes changées chaque jour et un lavage ou une désinfection régulière des chaussures.
Ce conseil vaut double quand une paire passe d’un pied à l’autre.
Pour les bottes en cuir, un embauchoir et un cirage régulier les gardent en forme. Celles en vinyle ou en caoutchouc se nettoient à l’eau savonneuse et se sèchent à l’air libre, loin d’un radiateur.
En parler à son ou sa partenaire
Parler d’un fétiche à un partenaire reste souvent l’étape la plus délicate. La botte a un atout, puisqu’elle se porte aussi dans la rue. Offrir une paire, ou proposer une tenue pour une sortie, permet d’aborder le sujet en douceur.
Mieux vaut ensuite en parler franchement, hors du moment intime. Dites ce qui vous attire, le bruit des talons, la ligne de la jambe ou le rôle que la botte donne, et laissez à l’autre la place de refuser. Un goût partagé se vit mieux qu’une demande insistante.
Partager ce goût avec d’autres adultes
Les soirées fétichistes acceptent volontiers les bottes dans leur code vestimentaire, et des forums réunissent les collectionneurs. Les amateurs qui veulent échanger avec des personnes qui ont les mêmes goûts peuvent aussi rencontrer des amateurs de bottes, toujours entre adultes et avec un accord explicite.