L’acousticophilie désigne une excitation sexuelle provoquée par certains sons. Il peut s’agir d’une voix, d’une musique, d’un bruit précis ou de sons liés à l’intimité, comme un souffle ou un murmure. Le mot associe le grec akoustikos, « qui concerne l’ouïe », et le suffixe -philie.
Peu de gens connaissent le mot, alors que l’attirance qu’il décrit est courante.
Des sons très différents
Chez certaines personnes, c’est une voix grave ou un accent qui fait tout. Chez d’autres, c’est une musique associée à un souvenir, ou des bruits du quotidien qui prennent un sens érotique : talons sur un parquet, froissement d’un tissu, pluie. Le son peut accompagner le désir ou suffire à le provoquer.
Le site consacre un article au fétichisme des sons, qui décrit plus en détail ces différents déclencheurs.
Voix, ASMR et intimité
La popularité de l’ASMR, ces vidéos de chuchotements et de bruits doux, a rendu ce sujet plus visible. L’ASMR n’est pas sexuel pour la plupart de ceux qui l’écoutent, et vise surtout la détente. Pour une partie du public, le même type de sons prend une couleur érotique. La frontière dépend de la personne.
Dans un couple, l’acousticophilie se vit souvent très simplement. Parler, murmurer, choisir une musique ou ne pas étouffer les bruits du plaisir suffit à beaucoup d’amateurs.
Où se situe ce terme dans le lexique
L’acousticophilie fait partie des nombreuses -philies répertoriées, que vous retrouverez dans toutes les définitions de paraphilies du site. Certaines sont proches, d’autres n’ont rien en commun avec elle, comme la macrophilie, qui concerne l’attirance pour les géants et relève du fantasme pur.
Aucune raison de s’inquiéter
Rien ne justifie de s’inquiéter d’une attirance pour des sons. L’OMS, dans la CIM-11, rappelle qu’une attirance ne s’écartant que des normes sociales ne permet pas de poser un diagnostic. Seules une détresse marquée ou un risque sérieux de blessure en relèveraient, ce qui n’a aucune raison de se produire ici.
Une seule précaution vaut d’être rappelée, et elle concerne le volume. Les amateurs de musique forte ou de casques gagnent à protéger leurs oreilles, ce qui n’a rien de spécifique au fétichisme.
Explorer ce goût à deux
L’acousticophilie a l’avantage de se prêter à des jeux simples. Choisir ensemble une musique, se parler à l’oreille, raconter un fantasme à voix basse ou garder les yeux bandés pour se concentrer sur les sons sont des pistes faciles. Chacun garde la main sur ce qu’il accepte.
Une règle compte ici plus qu’ailleurs. On n’enregistre jamais la voix ou les sons d’un partenaire sans son accord explicite, et un enregistrement accepté ne se partage avec personne.
En parler
Demander à un partenaire de parler davantage, ou de laisser entendre son plaisir, est une demande banale. Elle se formule simplement, hors du moment intime si vous craignez la gêne. Peu de goûts se partagent aussi facilement que celui-ci.