Le voyeurisme désigne le fait d’observer une personne dans son intimité sans qu’elle le sache : nue, en train de se déshabiller ou d’avoir une relation sexuelle. Sans le consentement de la personne observée, il devient une atteinte à sa vie privée. La loi française le sanctionne.
Regarder avec ou sans accord
Regarder un partenaire qui a accepté d’être regardé ne relève pas du voyeurisme au sens médical. La CIM-11, la classification internationale des maladies de l’OMS, vise dans son code 6D31 une personne qui ne se doute de rien. Elle mentionne aussi les voyeurs qui filment ou photographient.
Le trouble voyeuriste suppose une attirance persistante et intense, mise en acte ou source d’une détresse marquée. Le mot figure dans l’abécédaire des préférences sexuelles atypiques avec ses termes voisins, comme l’exhibitionnisme.
Ce que prévoit le Code pénal
Le Code pénal protège l’intimité de la vie privée. Fixer, enregistrer ou transmettre sans son accord l’image d’une personne qui se trouve dans un lieu privé est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Quand les images ont un caractère sexuel, la peine passe à deux ans et 60 000 euros. Pour ces délits, les poursuites ne sont engagées que sur plainte de la victime.
Depuis 2018, la loi vise aussi le fait d’user de tout moyen pour apercevoir les parties intimes qu’une personne cache par sa tenue ou par sa présence dans un lieu clos. La peine est d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Elle passe à deux ans et 30 000 euros dans plusieurs cas, en particulier si la victime est mineure ou si des images sont prises.
Victime ou concerné : vers qui se tourner
Si vous pensez avoir été filmé à votre insu, dans un vestiaire, une location ou chez vous, vous pouvez porter plainte. Et conservez tout ce qui peut servir de preuve, sans le diffuser.
Si l’envie d’observer des inconnus vous pousse à prendre des risques ou vous fait souffrir, un médecin, un psychiatre ou un sexologue peut vous recevoir dans le cadre du secret professionnel.